Evolution

Publié le par Marie Giral

Dans ma famille, à l’exception de ma chère tante Colette, on avait une vision définitive du monde : il était laid et sans espoir, et tout ce qui nous arrivait était un cadeau de Dieu. Plus c’était moche, plus ça montrait l’amour qu’Il nous portait. Esprits tordus, me suivez-vous ?

Dans cette ambiance, celui qui avait confiance en soi était une curiosité dérangeante. Au mieux un vantard, et plus souvent un mécréant qui serait jugé "là-haut" et en attendant, par la famille bien-pensante.

Petite, je regardais ces grandes personnes qui disaient du mal de tout le monde et me paraissaient tellement sinistres (pas du tout, pas du tout, dirait Colette concernant ma grand-mère, mais je dis moi, qu’elle n’a pas tout entendu). Très jeune je me suis dit qu’il fallait tout faire pour ne pas vieillir comme eux et que jamais je ne dirais cette phrase désespérante : « A mon âge, je ne vais pas changer ». Seuls les morts n’ont plus les moyens de choisir leur évolution.

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